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La SEMHV fait partie des trois laboratoires à l’origine de la première cartographie nationale indépendante de l’infestation par la mérule en France. Une initiative publiée en avril 2026 par le réseau Xylodiag, relayée par diagnostiqueur-immobilier.fr, et dont les enseignements concernent directement tout propriétaire, acquéreur ou professionnel de l’immobilier.
Voici ce que cette collaboration a produit, et ce que les données révèlent.

Pourquoi trois laboratoires ont décidé de mettre leurs données en commun

Le point de départ est un constat partagé : en France, il n’existe pas de statistiques claires sur la réalité de l’infestation par la mérule. Les seules données officiellement disponibles proviennent d’arrêtés préfectoraux établis à l’échelle locale; des documents réglementaires qui cartographient davantage les zones historiquement identifiées que la réalité du terrain.

C’est ce vide qui a conduit Fongilab, le cabinet Martinet et la SEMHV à franchir un pas inhabituel dans le secteur : croiser leurs données d’analyses respectives pour produire, selon les termes de Victor Sabet (Fongilab), « la première liste des détections qui provient d’une source indépendante d’un quelconque conflit d’intérêt ».

Pour Sylvia Laurent, dirigeante de la SEMHV, la démarche relevait d’une évidence : « Rester dans son coin n’aide pas à faire bouger les lignes. En regroupant nos données, on se rend compte que l’ampleur est beaucoup plus conséquente et que la mérule est bien présente partout. »

La cartographie et les premiers traitements statistiques ont été mis en ligne par le réseau Xylodiag, qui fédère les professionnels spécialisés dans le diagnostic des pathologies du bâtiment liées aux organismes xylophages.

Ce que les données agrégées révèlent

Les chiffres issus de cette mise en commun sont éloquents. Sur les deux années étudiées, les trois laboratoires ont recensé 3 312 cas de détection de mérule : 1 503 en 2024, 1 809 en 2025 — soit une progression de 20,4 % en un an.

Ces détections concernent 1 900 communes réparties sur 93 des 95 départements métropolitains. Seuls les Alpes-de-Haute-Provence et le Gard n’ont enregistré aucun cas sur la période.

Les territoires les plus touchés concentrent des zones déjà connues : le Nord en tête (272 cas), devant la Seine-Maritime (207), le Pas-de-Calais (172) et les Vosges (167). Les Hauts-de-France s’imposent comme la région la plus concernée, devant le Grand Est et la Normandie. Mais la cartographie met aussi en évidence des hausses significatives dans des départements jusqu’ici moins surveillés — l’Ille-et-Vilaine, le Haut-Rhin notamment.

Au-delà des volumes, c’est la répartition géographique qui bouscule les idées reçues. Comme le souligne Victor Sabet : les résultats montrent une corrélation entre le nombre de cas détectés et la densité bâtimentaire; « ce qui apporte une autre lecture d’un phénomène » souvent réduit à quelques régions historiquement touchées.

Une réglementation que les données rendent difficile à défendre

Ces résultats relancent directement la question de l’adéquation du dispositif issu de la loi Alur. Ce cadre repose sur une logique de zonage : certains territoires sont classés à risque, d’autres non. Dans les zones identifiées, les acquéreurs reçoivent une information spécifique. Ailleurs, rien.

Or la présence de la mérule dans 93 départements sur 95 fragilise cette approche. Victor Sabet souligne que la logique retenue pour la mérule ne peut pas être calquée sur celle des termites, notamment parce que les spores de mérule sont capables de se disperser sur de très longues distances — ce qui interroge directement la pertinence d’un système borné à une simple information locale des acquéreurs.

Sylvia Laurent pointe pour sa part les failles opérationnelles du dispositif actuel : « Il y a certes une obligation de déclarer, le problème c’est qu’il existe encore un gros déficit de connaissance des procédures ou un manque de suivi derrière. » Avant d’envisager toute obligation généralisée, elle plaide pour « une meilleure sensibilisation et une véritable campagne d’information auprès des particuliers, des collectivités et des professionnels ».

Stéphane Reyssent, responsable du réseau Xylodiag, abonde dans ce sens : ces statistiques démontrent selon lui « tout l’intérêt d’une meilleure prise en compte de la problématique mérule au niveau législatif et réglementaire », et il appelle à ce que la révision des normes en cours dans le secteur débouche sur un dispositif plus protecteur pour les acquéreurs.

Ce que ça change pour vous, aujourd’hui

En attendant toute évolution réglementaire, un constat s’impose : être situé hors zone classée à risque ne constitue pas une protection. Sur 95 départements métropolitains, 93 ont enregistré au moins un cas sur la période. La mérule n’est plus un phénomène régional — c’est un risque diffus, corrélé à la densité du bâti ancien, présent sur l’ensemble du territoire.

Elle se développe souvent pendant des années sans symptôme visible. Lorsque les dégâts deviennent apparents, l’infestation est généralement déjà avancée.

La question n’est plus de savoir si votre région est concernée. C’est de savoir si votre bien l’est.

Un aspect visuel trompeur. Deux organismes distincts. Une seule méthode fiable pour les différencier : l’analyse mycologique.

Ce cas de terrain illustre parfaitement pourquoi le diagnostic visuel ne peut pas constituer une conclusion en matière d’identification fongique.

Première impression : un myxomycète ?

À l’observation macroscopique, le prélèvement présente une teinte jaune vif éclatante et un aspect légèrement mousseux ou poudreux en surface. Ces caractéristiques orientent naturellement vers un myxomycète — ces organismes non fongiques, parfois appelés « moisissures visqueuses », qui peuvent coloniser des substrats organiques dégradés.
Pourtant, l’analyse microscopique va radicalement changer l’interprétation.

Ce que révèle l’observation microscopique

L’examen au microscope met en évidence deux types de spores distincts, caractéristiques de deux espèces différentes coexistant sur le même substrat :

Meruliporia pulverulenta — champignon saprotrophe lignivore, responsable d’une pourriture brune, que l’on peut rencontrer dans certains contextes de bâti dégradé ou de structures humides en fin de cycle ;

Hypomyces chrysospermus (forme conidienne : Apiocrea chrysosperma) — champignon ascomycète parasite, qui colonise et recouvre le sporophore de l’espèce hôte.

La couche jaune poudreuse visible en surface correspond aux conidies (spores asexuées) d’Hypomyces chrysospermus, qui a littéralement enveloppé le sporophore de Meruliporia pulverulenta. Sous ce voile, on peut encore distinguer l’aspect méruloïde caractéristique de l’hôte : un relief plissé, un réseau sinueux typique des champignons corticioïdes.

Hypomyces chrysospermus : un recycleur de champignons

Hypomyces chrysospermus est un champignon mycoparasite bien documenté. Il colonise préférentiellement les vieux sporophores, notamment :

– certains bolets (Boletus sp.) ;
– des paxilles (Paxillus sp.) ;
– des structures fongiques en fin de cycle, comme certaines espèces de Meruliporia ou des structures assimilées à des mérules dégradées.

Très commun en milieu forestier, il est plus rarement observé dans des contextes de bâtiment. Son rôle écologique est celui d’un saprotrophe fongicole : il dégrade les restes d’autres champignons, participant ainsi au recyclage de la matière organique fongique.

Pourquoi ce cas est-il scientifiquement important ?

Ce cas illustre plusieurs points fondamentaux pour toute démarche d’identification fongique sérieuse.

1. La couleur ne suffit pas. Une teinte jaune vif peut orienter vers un myxomycète, un Hypomyces, un soufre des chênes (Laetiporus sulphureus) ou d’autres espèces très différentes. L’aspect macroscopique est un point de départ, jamais une conclusion.

2. Plusieurs espèces peuvent coexister sur un même prélèvement. L’identification d’une seule espèce à partir d’un échantillon complexe est une erreur fréquente en l’absence d’analyse rigoureuse. Ici, seule la présence de deux types sporaux distincts a permis de différencier les deux organismes.

3. L’identification de l’hôte reste possible, mais nécessite de passer sous le voile du parasite. La structure méruloïde de Meruliporia demeurait visible sous le voile jaune d’Hypomyces, mais uniquement à condition de savoir la chercher — et de ne pas s’arrêter à la seule surface visible.

Ce que cela implique pour les diagnostics en bâtiment

Dans un contexte professionnel — transaction immobilière, expertise d’assurance, procédure judiciaire —, une erreur d’identification peut avoir des conséquences importantes : mauvais traitement, sous-estimation ou surestimation du risque, contestation ultérieure du diagnostic.

Les diagnostics visuels, même réalisés par des professionnels expérimentés, trouvent ici leurs limites. Seule une analyse en laboratoire, intégrant observation macroscopique, microscopique et, si nécessaire, séquençage moléculaire (qPCR), permet une identification fiable au niveau genre et espèce.

C’est précisément pour répondre à ces situations complexes que la SEMHV réalise des analyses mycologiques complètes, avec rapport de diagnose incluant photographies macroscopiques et microscopiques, identification scientifique et recommandations adaptées.

Vous suspectez la présence d’un champignon lignivore ou d’une espèce difficile à identifier ?

Commander une analyse mycologique

Dans le cadre des pathologies du bâtiment, la présence de champignons lignivores ne se manifeste pas toujours par des signes extérieurs évidents. Un récent cas d’école traité par la SEMHV démontre qu’une structure saine en apparence peut dissimuler un développement massif de Serpula lacrymans. Pour sécuriser un bien, le diagnostic mérule d’état fongique s’impose comme la seule méthode fiable pour identifier ces désordres invisibles à l’œil nu.

Une configuration structurelle à haut risque mycologique

L’intervention portait sur un bâtiment présentant une superposition complexe de trois niveaux, créant un confinement propice au développement de champignons lignivores. La configuration comprenait un plancher bois sans aucune altération de surface, une cave mitoyenne en obscurité totale et, surtout, un vide sanitaire sur sol en terre battue.

L’absence de symptômes visuels classiques, tels que les filaments, les fructifications ou la pourriture cubique, aurait pu mener à une conclusion hâtive. Pourtant, les conditions d’humidité et le confinement constituaient un biotope idéal. Dans ce contexte, seul un diagnostic mérule d’état fongique approfondi permet de lever le doute sur l’état sanitaire réel des maçonneries et des bois de structure.

La découverte : un développement de mérule sans traces visibles

C’est lors d’un sondage destructif ciblé, par l’ouverture d’une lame de plancher, que l’ampleur du sinistre a été révélée. Sous la surface saine, nos experts ont identifié un amas dense de mycélium en progression tridimensionnelle. La colonisation s’étendait sur le sol en terre battue, utilisant ce support comme vecteur principal de propagation vers la pièce mitoyenne.

Les prélèvements analysés en laboratoire ont confirmé la présence de la Mérule (Serpula lacrymans). Cette situation de vice caché souligne l’importance de ne pas se limiter à une inspection visuelle des parties habitables. La mérule privilégie une progression occulte, à l’abri de la lumière et des courants d’air, rendant le diagnostic mérule d’état fongique prioritaire lors d’une transaction immobilière ou d’une suspicion d’humidité.

Expertise et prévention des risques de vices cachés

Le sol en terre battue conserve l’humidité résiduelle et permet aux syrrotes (cordonnets
mycéliens) de Mérule de transporter l’eau, donc de s’alimenter, et ainsi de se propager jusqu’au
bois d’œuvre. Ce cas démontre que l’absence de faiblesse structurelle apparente ne garantit pas l’absence de danger. Un bois peut paraître intact en surface tout en étant totalement dégradé en sous-face par l’action de la cellulose.

En conclusion, le champignon le plus problématique pour un bâtiment reste celui que l’on ne voit pas. Faire appel à la SEMHV pour un diagnostic mérule d’état fongique permet une investigation rigoureuse et méthodique.

Nos experts sécurisent vos décisions en apportant une preuve scientifique là où l’œil humain, surtout
inexpérimenté, atteint ses limites.

Cette approche permet une réelle prise en charge du problème
dès son identification, en orientant précisément les actions à mener et en évitant des coûts de
travaux de traitement lourds et imprévus.

Le diagnostic d’état fongique réalisé a confirmé une activité biologique intense de la Mérule, Serpula lacrymans, déjà installée de manière stratégique sur plusieurs mètres carrés sans avoir jamais alerté les occupants.

La réhabilitation de sites historiques impose une vigilance sanitaire accrue dès les phases préparatoires. En effet, la SEMHV a récemment mené un audit fongique de grand ensemble immobilier au sein de l’ancienne caserne de Metz. Ce site d’envergure, d’une superficie supérieure à 10 000 m², a nécessité une approche méthodique et structurée. Grâce à cette mission, les porteurs de projet disposent désormais d’une vision claire sur l’état sanitaire des bâtiments. Ainsi, l’anticipation des risques permet de sécuriser les futures étapes de transformation en logements.

Les défis d’un audit fongique de grand ensemble immobilier

D’abord, l’intervention sur un site de cette ampleur exige une logistique spécifique. L’inspection s’est déroulée sur une journée complète afin de couvrir l’ensemble des volumes accessibles. Ensuite, certaines zones ont été inspectées dans des conditions de visibilité limitée. L’absence d’éclairage et la configuration complexe des locaux ont nécessité le recours à des équipements d’éclairage autonomes.

Par ailleurs, cet audit fongique de grand ensemble immobilier incluait une recherche rigoureuse de la mérule (Serpula lacrymans). Nos experts ont également recherché d’autres champignons lignivores et des foyers de moisissures. En effet, cette évaluation est cruciale avant toute opération de réhabilitation lourde sur des bâtiments anciens inoccupés. Ainsi, la SEMHV assure une mission d’évaluation sanitaire complète pour guider les maîtres d’ouvrage.

Résultats et perspectives de l’audit fongique de grand ensemble immobilier

Premièrement, les observations réalisées ont permis d’identifier différentes pathologies fongiques localisées. Ces phénomènes sont couramment rencontrés dans des structures inoccupées depuis plusieurs années. Deuxièmement, l’objectif de cet audit fongique de grand ensemble immobilier est de disposer d’un état des lieux global sans caractère destructif. Par conséquent, les éléments relevés permettent d’orienter les futures investigations complémentaires et les dispositions techniques à intégrer au projet.

En outre, cette démarche préventive s’inscrit dans le respect des bonnes pratiques du secteur.
Elle permet surtout d’assurer une prise en compte anticipée des enjeux de santé publique.
De cette manière, la transformation du site en logements pourra se poursuivre sur des bases saines et pérennes.

Plus de 10 000 m² inspectés dans l’obscurité : là où l’œil s’arrête, l’expertise scientifique prend le relais pour sécuriser la réhabilitation.